Pas de « no deal », c’est le message qu’il faut retenir de cette fin d’année 2020 concernant le Brexit. En effet, après de longs mois d’attente et de négociation, l’Union Européenne et le Royaume-Uni se sont mis d’accord sur la fin de leur aventure commune.

 

Les grands accords du Brexit

Après avoir quitté juridiquement l’Union européenne le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni s’est également retiré de l’union douanière le 31 décembre 2020. La période de transition a donc permis de préparer la mise en œuvre de l’accord de retrait et de négocier un accord sur les relations commerciales. Cet accord de commerce et de coopération entre l’UE et le Royaume-Uni est entré en application le 1er janvier 2021.

L’accord commercial en question maintient le libre-échange entre les deux parties ainsi qu’une absence de droits de douane et de quotas. Les décalarations douanières restent toutefois obligatoires et sont complétées par des contrôles sanitaires et phytosanitaires dans certains cas.

Concernant la notion de concurrence entre l’UE et le Royaume-Uni, un engagement a été défini sur le maintien de normes applicables dans les domaines de l’environnement, du déréglement climatique, des droits sociaux et de la fiscalité.

Enfin, parmi ces mesures en place depuis le 1er janvier 2021, on retrouve le retrait du Royaume-Uni du programme Erasmus+ (échanges universitaires) et la fin de la libre-circulation des personnes imposant la détention d’un titre de séjour pour les expatriés.

 

Fort impact du Brexit sur les filières de la pêche et de l’agriculture

Dans un entretien du 22 décembre 2020, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a souligné les conséquences du Brexit sur les filières du vin, de la viande et des produits laitiers. Troisième partenaire agricole de la France, le Royaume-Uni représente 6 milliards d’euros de produits exportés. Sur le plan commercial, les exportations françaises vont être perturbées par des contrôles plus importants sur les produits à destination du Royaume Uni. Par ailleurs, cela risque également d’impacter les volumes d’affaires réalisés par les entreprises européennes à destination du Royaume Uni. En effet, ces denières devront trouver de nouveaux marchés au sein même de l’U.E. afin d’écouler leurs marchandises ce qui augmentera la concurrence entre elles. Les conséquences directes du BREXIT sur la filière agricole sont difficiles à quantifier tant la France est réputée pour la qualité de certains de ses produits qui n’ont pas de substituts Outre-Manche.

Concernant la filière de la pêche, l’activité générée à ce jour par les entreprises françaises dans les eaux britanniques s’élève à environ 171 millions d’euros. L’accord négocié prévoit une période de transition jusqu’à l’été 2026 durant laquelle les quotas devront progressivement diminuer pour atteindre une baisse de 25% par rapport à la valeur des captures actuelles. Cela représente un manque à gagner de 42 millions d’euros pour la filière de la pêche. Néanmoins, sans être une situation idéale, cet accord est considéré comme un bon compromis par certains qui, par-dessus tout, redoutaient un « no deal » aux conséquences dramatiques. A terme, le BREXIT devrait avoir un impact considérable sur la filière de la pêche française qui risque de voir son nombre de bateaux et de pêcheurs diminuer, tout particulièrement dans les régions Bretagne, Normandie et Hauts de France.