Près d’un an après le début de la crise sanitaire en France, l’heure est au bilan. Après avoir passé un tiers de l’année confiné, l’immobilier résidentiel est plus que jamais au cœur des préoccupations des Français.

 

Moins d’offres sur le marché

En France, la crise du logement s’inscrit dans le paysage du marché immobilier depuis de nombreuses années. Elle se caractérise notamment par un écart important entre les prix de vente et les revenus des ménages, dû principalement à l’insuffisance d’offres par rapport à la demande.

De surcroît, l’année 2020 a été marquée par une trêve administrative et des élections municipales qui ont eu pour effet de ralentir l’octroi des permis de construire et les mises en chantier. La SDES estime ainsi une baisse de 43 900 permis de construire attribués (-10%) et de 22 900 mises en chantier (-5,6%) en octobre 2020 par rapport à septembre 2019. On pourrait donc s’attendre à ce que le processus de raréfaction des biens neufs et par conséquent d’augmentation des prix s’accentue.

 

Parallèlement, la demande de logement suit une évolution tout autre

L’incertitude ambiante liée à la crise sanitaire et le surplus épargné par les Français en 2020* renforcent la perception de l’immobilier en tant que valeur refuge. De plus, le maintien des taux d’intérêt à un niveau historiquement bas facilite l’accès au crédit.

Ces facteurs ont eu pour effet de soutenir la croissance de la demande en logement et de créer un environnement favorable à l’investissement immobilier. En prenant en compte ces paramètres, il est donc raisonnable de penser qu’une partie de ce surplus épargné sera réinvestie dans la pierre.

 

Le constat est sans appel

La crise sanitaire a eu pour effet d’accentuer la crise du logement actuelle en impactant à la fois l’offre et la demande. Cet écart se verra encore amplifié par les reconductions des dispositifs Pinel et PTZ qui contribueront à soutenir la demande de biens neufs proposés par les promoteurs immobiliers. Les lancements commerciaux pourront donc vraisemblablement bénéficier en 2021 d’un rythme de commercialisation soutenu sous réserve que les conditions d’octroi de crédits ne se durcissent pas.

 

Malgré la crise, le secteur a su faire preuve de résilience

Largement affecté par la fermeture des agences immobilières et le ralentissement de l’activité notariale, le secteur de la pierre a tout de même réussi à maintenir son activité. Malgré une baisse du nombre de transactions de 8% en 2020, les résultats annuels restent supérieurs à ceux de 2017 et 2018. La performance des professionnels du secteur s’avère donc être plus que satisfaisante au vu des conditions.

Cette résilience face à la crise a pu s’effectuer grâce à une remise en question des différents acteurs du secteur avec à une prise de conscience de leur retard en matière de transition digitale. En l’espace de neuf mois, il est désormais possible d’effectuer toutes les étapes de l’achat d’un bien depuis son canapé, de la visite 3D à la signature électronique de l’acte de vente. C’est désormais au tour des promoteurs de s’adapter aux nouvelles exigences clients en proposant des biens répondant à des besoins spécifiques qui se sont fait ressentir durant la période de confinement : espaces extérieurs, pièce supplémentaire dédiée au télétravail, …

 

*25 milliards d’euros supplémentaires sur les 3 premiers trimestres de 2020 comparés à ceux de 2019 selon la Banque de France.