Chiffres à l’appui

C’est l’une des nombreuses questions du moment en immobilier : les Français sont-ils en train de déserter les grandes métropoles au profit de la campagne ?  Le confinement aurait-il terni l’attractivité jusqu’alors grandissante des grandes métropoles françaises ? C’est du moins ce que certains gros titres parus dans la presse depuis le début de la crise sanitaire laisseraient penser.

Des chiffres récents semblent néanmoins contraster l’apparition d’un tel phénomène : selon un article publié sur BFM IMMO, le premier bilan de l’année 2020 réalisé par les notaires recense une hausse des prix de l’immobilier dans toutes les grandes villes françaises. Contrairement à ce que l’on a pu lire dans certains articles, les notaires montrent donc que l’exode urbain post-confinement n’a pas eu lieu.

Le Baromètre LPI-SeLoger  confirme cette hausse généralisée : les prix de l’immobilier au m² augmentent sur l’ensemble des métropoles Françaises. Au classement de la plus forte hausse du prix des appartements dans l’ancien, Nantes arrive en tête (+11,8% sur un an) suivie de Lyon (+9,7%) et Rennes (+8%). De manière générale, les villes de l’ouest de la France sont celles où cette augmentation est la plus marquée, avec un prix médian au m² des appartements qui a bondi de plus de 10% sur un an.

 

“L’envie de vert”

Ces chiffres traduisent une tension sur le marché, et non un exode urbain massif qui aurait eu pour effet un accroissement soudain de l’offre par rapport à la demande, et donc une probable baisse des prix de l’immobilier en ville.

Néanmoins, cela ne veut pas dire que « l’envie de vert » ne s’est pas fait ressentir après le confinement. Des études[1] révèlent que les critères de choix en matière d’immobilier ont évolué, de plus en plus de Français privilégient désormais l’acquisition d’un logement avec jardin. Parallèlement, le nombre résidences secondaires a dépassé les 3,6 millions cette année, son niveau historique le plus haut. Ce phénomène, connu de longue date, se serait intensifié avec les confinements successifs, et pourrait en partie expliquer la forte hausse de la demande constatée dans certaines régions en fin d’année, notamment en Bretagne[2].