La Réglementation Environnementale 2020, qui devait initialement entrer en vigueur en janvier 2021, a vu une nouvelle fois son application reportée, cette fois-ci à janvier 2022. La crise sanitaire et les mises à l’arrêt de nombreux chantiers avaient en effet d’ores et déjà contraint le gouvernement à repousser son application à l’été 2021.  

Qu’est-ce que la RE 2020 ?

Il s’agit d’une réglementation visant à réduire l’empreinte carbone et à améliorer les performances thermiques des bâtiments neufs qui viendra succéder à la RT2012 actuellement en vigueur. L’objectif est aujourd’hui d’aboutir à la construction de bâtiments à énergie positive (BEPOS) et à faible empreinte carbone. Initialement plafonnée à 50kWh/m²/an par la RT2012, la règlementation prochainement en vigueur impose désormais une dépense énergétique inférieure à 0kWh/ m²/an. Autrement dit, une maison devra à minima produire autant d’énergie qu’elle en consomme, tout en plafonnant les émissions de dioxyde de carbone liées à sa consommation d’énergie.

Outre la consommation d’énergie, les matériaux utilisés sont également au cœur de cette réglementation. Les matériaux biosourcés devront ainsi être privilégiés lors de la phase de construction des bâtiments. L’objectif à l’horizon 2030 est de diminuer de 40% les émissions de CO2 par rapport à leur niveau de 1990. Les maisons individuelles seront les premières à adopter cette nouvelle réglementation, suivies par les logements collectifs et le secteur tertiaire.

La RE2020 a donc pour but d’étendre la RT2012 à la production d’énergie des bâtiments neufs ainsi qu’au contrôle de leur impact environnemental, tout en renforçant les mesures d’ores et déjà en vigueur.

Quels sont les problématiques posées par cette règlementation ?

Ce projet de réglementation a fait couler beaucoup d’encre et ne fait toujours pas l’unanimité entre les différents acteurs concernés. On relève principalement un mécontentement des promoteurs-constructeurs qui jugent inatteignables les objectifs relatifs au Bbio notamment, du fait de surcoûts importants.  En novembre 2020, la Fédération Française du Bâtiment estimait un surcoût potentiel de 10 à 15% lié à cette réglementation. Le délai accordé pour effectuer cette transition ambitieuse semble dès lors irréalisable pour ces acteurs.

Pour pallier leurs inquiétudes, le texte est régulièrement débattu par le Conseil Supérieur de la Construction et de l’Efficacité Énergétique (CSCEE) afin d’être ajusté à la réalité du terrain. Le CSCEE, étant composé d’un représentant de chaque partie prenante, permet donc d’accompagner au mieux l’évolution du projet de réglementation. La prochaine étape qui devrait intervenir courant juin n’est autre que la mise en ligne des logiciels de calcul. Ces derniers permettront une estimation des différents surcoûts engendrés par cette réglementation, ce qui permettra in fine de déterminer la soutenabilité du projet.

La maîtrise des coûts, dans un secteur déjà fortement impacté par l’augmentation du prix des matières premières, revêt d’un enjeu de premier plan. La RE 2020 en favorisant des matériaux biosourcés tels que le bois risque de cristalliser les tensions qui opèrent actuellement sur les coûts et les délais d’approvisionnement de certaines matières premières. Le secteur du bâtiment va donc devoir faire preuve de résilience afin d’entamer un virage écologique plus ambitieux que jamais.