L’activité économique française a connu, de manière générale, une baisse considérable en 2020 (-8,2% de PIB) du fait de la crise sanitaire. Les restrictions du gouvernement pour limiter la circulation du virus ont eu un impact disproportionné d’un secteur à un autre et ont démontré la fragilité des entreprises et leurs dépendances financières. En effet, les deux confinements et les mesures de soutien associées ont accentué les niveaux d’endettement déjà élevés.

Notons que 158 milliards d’euros ont été dépensés en 2020 pour maintenir les entreprises à flots. Cette somme prend en compte l’ensemble des aides financières telles que le PGE, le chômage partiel, le fonds de solidarité, ou encore tous les impôts qui ne sont pas rentrés dans les caisses de l’État. (Source Insee)

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, estimait le coût des fermetures d’entreprises à 1,6 milliards d’euros par mois à l’administration, pour 200.000 entreprises concernées. Et pour assurer leur pérennité, 4 entreprises sur 5 ont fait appel aux dispositifs d’aides de l’État, soit 84% des entreprises françaises, toujours selon l’INSEE.

Conséquence économique de la crise sanitaire

Les mesures mises à la disposition des entreprises pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19, ont eu un impact majeur sur les défaillances d’entreprises, en 2020. En effet, en comparaison avec une année « ordinaire » il y a eu une baisse de 39% des procédures de redressement judiciaire en France (soit 22 500 défaillances évitées) contre 21% en moyenne au sein de l’Union Européenne. Remarquons que ces mesures du pouvoir publique sont sans effet budgétaire immédiat car elles ne prennent pas en charge directement les pertes enregistrées par les entreprises.

L’un des dispositifs les plus utilisés est le Prêt Garanti par l’État (PGE). En effet, plus de 670 000 sociétés ont pu bénéficier de près de 138 milliards d’euros de PGE jusqu’à fin avril 2021. Cette solution a été d’un grand secours pour les entreprises françaises dans la mesure où les fonds perçus ont permis de maintenir un niveau de trésorerie nécessaire à la sauvegarde des entreprises et au maintien des emplois.

Toutefois les entreprises commencent à être à court de trésorerie, et cela se confirme avec les tendances de ce début du deuxième trimestre qui indiquent que 80% des jugements mènent désormais à la liquidation judiciaire : un niveau jamais atteint depuis l’éclatement de la bulle internet en 2001.

Les PGE semblent donc ne pas être en mesure de résoudre, à moyen et long terme, les difficultés de ces entreprises liées à la crise sanitaire et à la reprise d’activité. Aussi, la crise qui continue de s’étendre dans le temps, met à mal les sociétés qui sont déjà en difficulté. Il est à noter que, tôt ou tard, les PGE devront être remboursés, ce qui nécessitera un besoin de trésorerie considérable pour chaque entreprise.

Solutions financières de sortie de crise

Face à cette réponse temporaire, apportée par les différents dispositifs, le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Jean-François HUSSON propose un plan en 3 étapes destiné à préparer la sortie des PGE en douceur :

  • Étape 1 – Identifier : Repérer le plus en amont possible les entreprises dont la situation financière rend difficile un redressement spontané
  • Étape 2 – Orienter : Établir un diagnostic partagé entre les différents acteurs – chef d’entreprise et créanciers – sur la nature des difficultés rencontrées par l’entreprise et les perspectives de redressement. En fonction de ces diagnostics, orienter l’entreprise vers une solution adaptée.
  • Étape 3 – Traiter : Pour les entreprises viables, apurer le bilan afin de restaurer un ratio d’endettement soutenable. Privilégier, tant que cela est possible, une action améliorant la solvabilité :
    • Soit par un renforcement des fonds propres qui s’accompagnera de la mise en place, à titre temporaire, d’une déduction fiscale pour le capital à risque afin d’inciter les entreprises à procéder à des augmentations de capital.
    • Soit par des décotes partielles de créances publiques, sur le principe d’un abandon à parité avec les créanciers privés.
    • Soit par la restructuration globale de l’endettement.

Au-delà de ces recommandations, l’État propose également comme alternative de sortie de crise des Prêts Participatifs de Relance (PPR), inscrit dans le cadre du plan de relance 2020-2022. Ces PPR sont un moyen de financement à long terme des entreprises, et plus particulièrement pour les PME. Cette solution, similaire à une émission d’obligations convertibles, permet de renforcer la structure financière car elle est considérée comme du quasi-fonds propres. Jusqu’à présent, les caractéristiques de ce financement sont réparties en 2 volets :

Caractéristiques PPR PME ETI Conditions*
Entreprises n’ayant pas bénéficié des PGE Jusqu’à 12,5% du chiffre d’’affaires 2019 Jusqu’à 8,4% du chiffre d’’affaires 2019 Justifier d’un chiffre d’affaires supérieur à 2 millions d’euros
Entreprises ayant bénéficié des PGE 10 % du chiffre d’affaires 2019 5 % du chiffre d’affaires 2019 Appliquer si le cumul du PGE et du prêt participatif dépasse 25 % du chiffre d’affaires 2019

* : Ces prêts sont garantis par l’État jusqu’à 30% des pertes en capital et devront être remboursés sur huit ans, avec un différé de quatre ans.

Nous remarquons qu’au regard des critères d’accessibilité, le nombre d’entreprises pouvant bénéficier des prêts participatifs est limité. Ainsi, les entreprises ayant démontré la résilience de leur modèle et désirant se développer sur leur marché, devront très probablement chercher d’autres solutions de renforcement de leur structure financière. Et c’est en ce sens que le financement par la dette privée sera une alternative majeure pour les entreprises. Ainsi, le financement participatif prend toute sa place pour répondre aux besoins de la relance de l’activité économique. Avec un niveau d’épargne important en France aujourd’hui, les investisseurs sont pleinement concernés par la reprise de l’économie et de leurs collectivités. Qu’ils soient en communauté ou à titre individuel, les investisseurs sont en quête de sens et cherchent à avoir un impact sociétal à travers leur épargne, l’environnement économique actuel leur offre cette possibilité.

C’est pourquoi ils sont à même de pouvoir leur venir en aide. Ce mode de financement se fait sous deux formes : les actions et les obligations convertibles en actions.