Il est compliqué de considérer le vin comme un actif à part entière. On classe ce type d’investissement dans la catégorie des investissements « plaisir » où l’investisseur mêle l’utile à l’agréable. 

Il existe trois façons d’investir dans le vin. Premièrement, via l’achat de bouteilles, deuxièmement via l’achat de vignes et enfin via les fonds d’investissement dans le vin. 

L’achat de bouteilles afin de composer une cave d’investissement

Il s’agit du meilleur moyen d’allier l’utile à l’agréable mais aussi le plus compliqué. « Le vin est un produit fragile et compliqué à conserver. Ce n’est pas un placement de néophyte », averti Angélique de Lancquesaing, co-fondatrice d’iDealwine l’un des sites de référence concernant l’achat et la vente de vin. Les règles à respecter pour composer une cave : Il faut acheter des bouteilles de différents millésimes pour lisser les risques, car certains prennent plus de temps à se valoriser que d’autres. C’est un investissement long terme. De manière générale, il faut compter 5 à 10 ans avant de voir sa cave prendre de la valeur. Mais pour certains millésimes, il faut être très patient. « Celui de 2010, par exemple, a un potentiel de vieillissement de l’ordre de 30 à 40 ans », ajoute Thierry Goddet fondateur de Cavissima autre site d’importance sur le vin.

Enfin, c’est une évidence qu’il est bon de rappeler : il faut conserver les bouteilles dans de bonnes conditions (à une bonne température et avec un bon taux d’humidité) soit environ 12 degrés pour une conservation longue et un taux d’humidité de minimum 60%. Sinon, le bouchon va sécher et le vin va s’évaporer, ce qui conduira à une décote sur le prix à la revente de la bouteille. Des conseils qui hormis les bonnes conditions de conservation, rejoignent ceux de placements plus classiques comme les actions : connaissance, diversification et patience.

Pour les connaissances, on pourra s’en remettre aux guides, comme le Parker ou bien le Wine Spectator. On peut également bien sur écouter les conseils d’un caviste ou se renseigner sur des sites de référence sur le marché du vin : Cavissima, U’Wine, comptoir des millésimes etc.

Le gain espéré est variable. Si l’on prend pour exemple le domaine de référence de la Romanée Conti. Une bouteille va se négocier entre 4 000 € et 7 000 €. Elle se valorise ensuite d’environ 4% par an, mais le prix de bouteille venant d’autres domaines comme le Mouton Rothschild, l’un des plus prestigieux vins de Bordeaux stagne, voire baisse, pour se stabiliser aux alentours de 400 € la bouteille pour les millésimes récents. Un rendement de quasiment 0% depuis plusieurs années. Enfin, plus accessible, le domaine Pavillon Rouge qui est le second vin produit par Château Margaux. Le Pavillon Rouge, ainsi que les autres seconds vins bordelais, est à la hausse depuis longtemps. Au cours de l’année écoulée, sa valeur a augmenté de 20%, ce qui le place parmi les plus performants de Bordeaux. Les millésimes récents se situent entre 150 et 300 € la bouteille.

Pour ceux qui visent de belles plus-values à la revente, certains professionnels conseillent donc de se tourner vers les régions du Jura (vin jaune), de Cahors et de Morgon. C’est dans celles-là que l’on devrait trouver les pépites de demain.

 

L’achat de vin de vigne via un groupement foncier viticole

Le Groupement Foncier Viticole est une formule originale d’investissement réservée à des particuliers désireux de diversifier leur patrimoine en choisissant pour support des terroirs et des propriétés françaises sélectionnées. Investir dans un Groupement Foncier Viticole, c’est détenir les parts d’une société civile.

Cette société civile réunit par essence un nombre limité d’associés. Leur objectif est de détenir des biens fonciers viticoles exclusifs dont ils confient l’exploitation à un fermier par bail à long terme.

La souscription à certain de ces groupements donne lieu une Réduction de l’Impôt sur les Revenus de 18% dans la limite d’une souscription de 50 000 € pour une personne seule et 100 000 € pour un couple, en contrepartie d’une durée de détention minimale de 5 ans ½ à 7 ans et d’un risque de perte en capital.

Les associés pourront bénéficier d’une généreuse dotation annuelle en bouteilles de vin, ou préférer un rendement en numéraire.

 

L’investissement via un fonds de placement dans le vin

Encore plus confidentiel que le groupement foncier viticole, le fonds d’investissement dans le vin.  Ce sont des fonds communs de placement comme ceux que vous pouvez retrouver dans les assurances-vie. Les deux fonds leaders de ce marché de niche sont « Nobles Crus » et « Uzès Grand cru ». Ici, contrairement aux caves patrimoniales, vous n’êtes pas propriétaire des bouteilles achetées par la société de gestion. « Elle acquiert de grands vins, issus plus particulièrement des vignobles de Bordeaux, de Bourgogne, de Champagne et d’Italie, sélectionnés par un analyste œnologue », explique Jean-Marie Godet, directeur général d’Uzès Gestion.

« Nous les conservons le temps nécessaire à leur valorisation, puis nous les revendons pour réinvestir, continue-t-il, dans une parfaite transparence, puisque les prix de vente sont basés sur le Liv-Ex (indice britannique des bordeaux les plus chers) et validés par un expert judiciaire. Chaque investisseur peut donc lui-même vérifier nos transactions. »

Si ces fonds novateurs peuvent paraitre intéressant, le rendement n’est pour le moment pas au rendez-vous. De plus, les frais de gestion, de 3,5%, sont un peu élevés du fait du transport, du stockage et des assurances des marchandises.